Retranscription du témoignage de Boscop dans le Mooc numérique responsable de l’INR

Bonjour, je m’appelle Simon Bonaventure, je suis responsable du pôle accessibilité numérique chez Boscop. Aujourd’hui, on va parler d’accessibilité numérique.

Qu’est que l’accessibilité numérique ?

C’est le fait de rendre les services numériques utilisables par tous, quels que soient les handicaps.

Pourquoi est-ce que c’est important ?

C’est important parce que cela permet l’émancipation des personnes en situation de handicap, en leur donnant accès à tous les services numériques, quelles que soient leurs capacités physiques, mentales ou sensorielles.
C’est également essentiel car c’est une obligation légale pour un certain nombre de services, qu’ils soient publics ou privés. L’idée, c’est donc aussi de se mettre en conformité avec ce cadre légal.

Comme faisons-nous pour mettre en oeuvre l’accessibilité numérique ?

C’est très simple : il suffit de suivre un certain nombre de règles et de normes, anciennes mais extrêmement robustes. Le principe de base, c’est de savoir écrire du HTML. 95 % de l’accessibilité repose sur ce socle technique qu’il faut maîtriser. Aujourd’hui, on en a de moins en moins la maîtrise, car ce socle est souvent produit par des outils divers et variés.

Aujourd’hui, le web est malheureusement plutôt discriminant. Une étude de la Fédération des Aveugles de France, qui référence plus de 7 500 services numériques, montre que moins de 1 % sont accessibles. Le web, qui devrait être une source d’émancipation pour les personnes en situation de handicap, ne joue donc pas encore pleinement ce rôle.

Quelques exemples de mise en œuvre de l’accessibilité numérique :

Si on imagine un utilisateur qui n’a pas accès à la souris en raison d’un handicap moteur, il faut qu’il puisse naviguer dans tous les éléments d’un service numérique uniquement au clavier. Cela concerne les menus déroulants, les carrousels, les systèmes d’onglets, etc. Tous ces éléments doivent être manipulables sans souris, uniquement au clavier.

De la même manière, pour ces utilisateurs, le concept de pointeur à l’écran n’existe pas. Il faut donc qu’à chaque déplacement d’un élément interactif à un autre, l’élément en cours soit clairement mis en évidence, afin qu’ils sachent lequel ils vont activer.

On a aussi le cas des utilisateurs ayant un handicap auditif. Pour eux, tous les contenus multimédias doivent être compréhensibles sans le son, ce qui implique notamment la mise en place de sous-titres.

J’ai trois exemples à vous partager à ce sujet :

Le premier concerne la billetterie du musée du Louvre. Lors du lancement du projet, le client a exprimé une forte exigence en matière d’accessibilité numérique. Il a donc sollicité Boscop pour l’accompagner. Nous avons formé l’ensemble des équipes : développeurs, chefs de projet et designers.

Un deuxième exemple montre que l’accessibilité numérique n’est pas réservée aux grands comptes. La communauté de communes des Coëvrons, lors de la refonte de son portail de services, a souhaité intégrer à la fois l’accessibilité et l’éco-conception. Elle nous a sollicités pour un accompagnement sur ces deux thématiques, et nous avons atteint des taux de conformité supérieurs à 95 %.

Enfin, le dernier exemple est celui de la Caisse des Dépôts, qui a structuré toute sa démarche d’accessibilité numérique. Elle a notamment mis en place un schéma pluriannuel, véritable feuille de route pour sa DSI. Elle a recensé l’ensemble de son patrimoine numérique, priorisé les projets, et lancé des plans d’action incluant audits et formations.